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 Une Bonne Histoire À Raconter [Ptit Steph']

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Markhal
Souverain Maudit de Soras
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MessageSujet: Une Bonne Histoire À Raconter [Ptit Steph']   Lun 6 Sep - 21:29

Il ne savait pas depuis quand il était à terre. Il savait juste qu’à un moment ses jambes n’avaient plus supporté le poids de son corps et l’avaient lâché. Il s’était retrouvé la moitié du visage contre les dalles de la pièce, les graviers lacérant la peau de sa joue et s’y enfonçant comme de minuscules aiguilles de pierre. Quelqu’un respirait à renfort de grandes inspirations. Cela l’agaçait, car il aurait voulu souffrir tranquillement, sans que personne ne le dérange… Jusqu’à ce qu’il se rendit compte que c’était lui qui faisait du bruit. Voilà qui était rare, fut sa première pensée. D’habitude, il parvenait à se retenir de se donner en spectacle. Mais il fallait croire que tout pouvait arriver avec le temps… Markhal lâcha un petit rire méprisant, que ses bourreaux eurent le tort de prendre pour leur compte.

Quand la botte rencontra sa côté, Markhal eut la respiration coupée sous le choc. Ce fut au tour des hommes au-dessus de lui d’éclater de rire. Ah les imbéciles ! Ils croyaient réellement qu’ils l’avaient sous leurs bottes ? Stupides chevaliers sans cervelles… Quelle arrogance ! Ils ne se rendaient pas compte que, plus que de le torturer, ils lui rendaient service tout au contraire ! Mais allez expliquez cela à trois crétins qui déversaient leur frustration sur un homme que tout le monde haïssait, se disant que personne ne leur en voudrait si cela venait à s’apprendre. Les gens feraient les offusqués en surface, mais intérieurement, ils les approuveraient et les jalouseraient même pour ne pas avoir pu jouir de la même possibilité. Imaginez : battre jusqu’au sang l’oncle de l’Empereur, l’homme qui avait plongé l’Empire dans le feu et le sang, qui avait pactisé avec le Dernier Dragon pour le pouvoir et qui en était même devenu un lors de la bataille finale… Excitant, non ? Si vous dites non, c’est que vous êtes fous. Car seuls les fous refuseraient une telle offre… Cela faisait d’ailleurs un moment que Markhal considérait Leonis Ourha, son gardien en titre, comme complètement fêlé. Surtout compte tenu l’envie tordante d’en finir avec lui à chaque fois qu’il posait les yeux sur le roi.

Les coups avaient arrêté de pleuvoir. Finalement, on lui cracha dessus. Markhal sentit la traînée baveuse couler sur sa joue meurtrie, dans son cou, pour finir par stagner dans le creux de celui-ci. Cette sensation était particulièrement dégoûtante, mais après avoir vécu humiliation sur humiliation, le roi n’en était plus à une près… Quoique celle-ci fut peut-être de trop. Comme s’il ne souffrait d’aucune blessure, il se releva d’un bond souple et poussa sans effort celui qu’il devina sans peine être l’auteur de la bave qui avait recommencé à se frayer un passage sur son torse. La tête de celui-ci se fracassa contre le mur, rappelant avec un petit frisson, un autre elfe qu’il avait cogné contre le mur de la même façon. Il avait revu Ill’ ce jour-là… Effaçant l’incube de ces pensées, il agrippa le poignet du chevalier et regarda ses confrères dans les yeux, se délectant de la fureur mêlée à la terreur qui s’y lisait. Puis, dans un horrible craquement, il le lui brisa net. Mais les hurlements de sa victime ne l’arrêtèrent pas en si bon chemin. Profitant de la torpeur de ses amis, le semi-humain entreprit de réduire en poudre les os de sa victime, écrasant la fracture dans un mouvement circulaire, comme s’il écrasait du gros sel entre ses doigts pour relever le goût de son plat…

Quand les deux autres gardes décidèrent enfin de réagir, Markhal se laissa se faire maîtriser et malmener. Mais le sourire qu’il avait sur le visage ne pouvait pas tromper : jusqu’à quel point avait-il agressé l’homme pour qu’on le maltraite encore plus ? Depuis quelques temps il cherchait à oublier ses souvenirs, se réfugiant dans les ténèbres de la souffrance, plus confortables, bien qu’il soit certainement l’un des seuls êtres sur ces terres à en apprécier l’insupportable présence. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour faire croire à ses gardiens une soudaine faiblesse, peut-être une maladie ou une blessure qui s’était infectée… C’était comme lâcher quelques gouttes de sang dans une mer remplie de requins. Depuis, Markhal n’avait plus eu de temps pour réfléchir, pour même songer à… Aram

Il fut quasiment lancé dans sa cellule. La porte se referma derrière lui, dans un claquement de métal qui sonnait comme une condamnation. Markhal les entendit se plaindre, puis s’éloigner avec leur ami vers l’infirmerie. C’était presque l’heure du changement de garde, alors ils en profitaient pour quitter leur poste un peu avant. Le roi attendit qu’ils soient assez loin pour se relever et constater les dégâts. Il se tâta les os des bras, des mains, les côtes… Il n’avait pas de dégâts graves. Il avait juste son auriculaire droit qui était démis. À part ça, il avait également quelques bleus et le visage un peu tuméfié. Rien qui ne disparaîtrait avec le temps. Il n’avait plus sa chemise, se l’étant faite voler par les gars d’un peu plus tôt qui avaient voulu l’humilier. Raté vu qu’ils n’avaient pas eu le cran d’aller jusqu’à lui piquer son pantalon. Amateurs… Aliénor aurait fait un bien meilleur travail...

Markhal se traîna vers sa couche. Il roula sa couverture en boule et la mit dans sa bouche pour bloquer sa mâchoire. Inspirant un bon coup, il s’empara de son doigt démis et en un mouvement sec il se le remit. Pas un son ne dépassa ses lèvres, même s’il se félicita d’avoir quelque chose en bouche qui l’avait empêché de se couper la langue dans un réflexe incontrôlable. L’homme retira la couverture et essuya ses yeux qui s’étaient légèrement humidifiés. Vu la douleur qu’il éprouva juste en effleurant ses pommettes, ça ne devait pas être joli à voir. Quand il réussit enfin à se hisser sur son « lit » et à s’y allonger, Markhal ferma les yeux et se concentra sur le noir derrière ses yeux pour se relaxer et s’endormir.

« Debout, c’est le jour de la promenade »

Il fut réveillé une heure plus tard. Le chevalier attendit que Markhal vienne jusqu’à lui pour qu’il lui attache les bras à travers la grille. Dès que cela fut fait, on ouvrit la porte et deux autres chevaliers s’ajoutèrent pour l’encadrer. Ils avaient bien choisi les gardiens cette fois-ci. Ils ne tournèrent même pas la tête vers lui, même s’il voyait qu’ils voulaient faire une remarque sur son visage ou ses hématomes sur son corps. Mais bien éduqués, ils ne pipèrent mot et le conduisirent jusqu’à la pièce. On ne lui enleva pas les chaînes, procédure habituelle au vu de la violence dont il faisait preuve face aux chevaliers les plus inconscients qui le provoquaient. À partir du moment où il posait le premier pied dans la pièce, il avait deux heures. Ignorant les gardes qui restaient à l’entrée de la seule porte qui menait à cette salle, Markhal se mit à arpenter la pièce jusqu’à ce qu’il trouve l’endroit exact où il se tenait à chaque fois.

De cet endroit, Markhal parvenait à voir juste une fraction de l’extérieur. Il y avait un peu d’herbe verte légèrement humide. Quelle heure était-il ? Était-ce la rosée du matin ? Ou juste les quelques gouttes qui subsistaient d’un orage particulièrement violent ? Dos contre le mur, Markhal s’assit, les yeux rivés sur cette grille, sur cette herbe qui en dépassait. Soudain, son attention fut attirée vers la porte où les gardes laissaient passer quelqu’un. Tiens ? Inhabituel qu’on laisse quelqu’un le voir lors de sa permission.

Rien de tel pour aiguiser sa curiosité… Peut-être aurait-il une bonne histoire à lui raconter ?

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Stephen Flyingtree
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MessageSujet: Re: Une Bonne Histoire À Raconter [Ptit Steph']   Lun 6 Sep - 22:41

Soupir. C'était trop long. Beaucoup trop long. Tellement trop long qu'il n'en pouvait plus. D'abord l'audience chez le Roi de Novaris. Quinze plombe pour lui ordonner quelque chose qu'il aurait pu résumer en une phrase. Puis une longue préparation pour un long voyage. Long voyage qui fut, bien évidement, interminable. Et quand il fut enfin à destination, les diverses formalités pour le loger, puis le mener jusqu'à la prison du traître, puis le faire entrer dans le bâtiment lui parurent durer des journées entières.

Et comme si c'avait pas été assez, Stephen avait été plusieurs fois fouillé, interrogé et contrôlé avant de finir assis en face d'un homme se faisant appeler le Capitaine de la Garde, un énorme gars en armure qui tenait plus de l'armoire que de l'homme tellement il était basé, carré, imposant.Là, on lui avait donné des consignes bien claires de sécurité, donné mille et un conseil, dit ce qu'il fallait dire ou ne pas dire, expliqué à quel point cette entrevue était dangereuse pour lui et qu'ils ne sauraient sans doute pas le sauver à temps si ça s'envenimait. Il avait tout accepté en acquiesçant mollement de la tête... Jusqu'à ce qu'il lui impose, après avoir constaté qu'il était fait en fils de fer au niveau de sa constitution, de porter une lourde armure. Là, quand même, il avait dit stop. Il voulait bien être prudent, mais là c'était trop pour lui. Et puis, comment il aurait pu écrire avec un truc aussi lourd sur le dos ?

Uniquement armé de sa plume, d'un gros carnet de note parfaitement vierge et d'une bouteille d'encre, il s'avança donc jusqu'à l'entrée de la pièce à promenade du détenu le plus célèbre et important qui devait exister sur toute la planète.
"Ca va aller, le freluquet ?" lui demanda un garde.
Sans bouger la tête, il répondit d'une voix toute à fait détendue :
"Je vous ai parlé des boites ? Les boites, c'est bien...."
Puis, fixant son regard au sol et en hochant la tête, sur un ton tout à fait quelconque :
"Oui, ca ira. On est comme dans une grande boite ici."

Enfin, la porte s'ouvrit. Deux chevalier passèrent devant lui. L'un portait une petite table, le second une chaise. Il les suivit à sa manière, avec son habituelle démarche étrange et amusante. La pause tous les sept pas, le pas en arrière, et on repart. Vu la taille de cette magnifique pièce à promenade -ahem, il fut rapidement en face de Markhal. Ses blessures lui sautèrent aux yeux.
"J'espère que tu te sens d'humeur bavarde, monsieur vient de loin pour t'écouter. Alors soit un gentil garçon et répond à ses questions."
Stephen s'assit sur la chaise apportée pour l'occasion, disposa son matériel de scribe sur la table, se frotta les mains, les garda jointes, puis regarda autour de lui. Il se leva et marcha jusqu'à Markhal pour se retrouver à une grosse dizaine de centimètre de son visage.
"Est-ce que tu aimes les livres ? Moi, j'adore ça. Et les poupées, aussi. Tu aimes ça toi ? Enfin, on doit pas t'en donner souvent ici."

Il se retourna, fit un pas en direction des gardes, fit voleter ses mains vers eux dans un mouvement qui indiquait clairement qu'il désirait qu'ils partent. En souriant comme un psychopathe, avec une voix d'angelot, il joignit les paroles à l'acte :
"Aller ! Zou ! Du vent mes amis. J'ai besoin d'air pour bien écrire. Personne dans mon espace vital."
Les gardes se regardèrent, interloqués devant ce drôle de personnage qui chassait son seul espoir de survie en cas de problème. ils hésitèrent un instant, puis le plus costaud des deux demanda d'une voix amusée :
"Mais, vous croyez vraiment que...."
"Mais oui. Je vous l'ai dit, je me sens comme dans une boite. J'aime beaucoup ça les boites. Parce que ca contient des livres. Des livres. LI-VRES. Peut importe ce que l'ange dira. Ok ?"

Avec un air interloqué sur le visage, ils s'éloignèrent donc. Après tout s'il désirait crever, il faisait ce qu'il voulait ce mec de Novaris, hein, eux ils en avaient rien à carrer. Au bout de quelques pas, ils se mirent à rire. Sans doute que l'un des deux avait lâché une réflexion marrante sur Stephen. Tant mieux si ça les faisait rire, après tout. Tout le monde était content. Sauf peut-être Markhal, qui était là depuis trop longtemps.
"Enfin tranquilles. Le répète pas l'ami, mais j'aime pas les mecs en armure. pas du tout. Du tout. Du tout du tout. Tu sais, ça va à l'encontre de toute notion esthétique. Une petite tunique juste assez longue et bien moulante associée à des bas résilles, là ca met bien l'être masculin en valeur."
Il eut un spasme et conclut :
"Brrr, j'en frrrrissonne. Donc. Faudrait qu'on s'y mette nous, sinon on aura jamais fini."

Il resta debout, le dos toujours tourné à Markhal, regardant un long moment dans le vide, sans bouger. Il déglutit d'une façon assez bruyante au bout d'un moment, et sembla redescendre sur terre. Il se retourna, regarda le roi déchu dans les yeux sans sourciller, puis s'assit, saisit sa plume, hésita, puis la reposa. Il avait un peu de temps devant lui, après tout.
"Mais d'abord, faut qu'on fasse connaissance. Je m'appelle Stephen Flyingtree. Tu aimes ? J'ai choisi mon nom moi-même tu sais. Moi j'aime beaucoup. Un peu comme les papillons, mais ça n'a aucun rapport."
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Markhal
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MessageSujet: Re: Une Bonne Histoire À Raconter [Ptit Steph']   Mar 7 Sep - 0:27

Le roi cacha sa surprise derrière un visage proprement impassible. Des meubles ! Des vrais meubles en bois, une chaise et une table ! Ça pouvait sembler totalement banal à un autre regard, mais Markhal n’avait pas vu une vraie chaise depuis des années. Les gardes restaient debout devant sa cellule, et personne n’avait pensé à lui offrir quelque chose à s’asseoir au roi. Réduire le prisonnier au strict minimum avait été comme un jeu pour les hommes qui le gardaient. Ce n’avait pas été bien difficile. Il leur avait suffi de lui donner une planche en bois fixé au mur pour dormir, un pot pour ses besoins… Il n’avait pas eu besoin de plus. Et on ne lui avait pas donné plus. Jamais le roi ne s’était abaissé à réclamer quoi que ce soit. Dans le fond de ses yeux brillaient une lueur de convoitise et d’avidité. Si jamais il tirait bien son épingle du jeu, il pourrait réussir à obtenir les meubles, qui sait ?

Mais toute son attention se reporta très vite sur l’étrange personnage qui était à la queue du cortège. Il fut d’abord choqué par son aspect en général. Il n’avait jamais vu des cheveux d’une couleur pareille, si rouge qu’on avait l’impression qu’il allait s’enflammer. Quand il réussit à croiser son regard bleu, non pas juste bleu, mais cyan tant ils étaient clairs, Markhal fut juste comme foudroyé sur place. Rouge et bleu… Lave et glace… Cet homme avait un petit quelque chose qui le rendait sympathique au métis. Deux couleurs qui fascinaient le semi-démon. Deux couleurs qui se disputaient dans son propre regard et qui séduisaient de la même façon les gens autour de lui. Mais cet homme avait une façon si grotesque, si absurde de les unir, que c’en était – d’une façon un peu étrange, je vous l’accorde – attractif. C’était séduisant dans le sens où cela attirait l’attention et la capturait. Un véritable personnage haut en couleurs…

Un instant le roi se demanda s’il boitait. Mais quand l’homme en couleur recommença son étrange… pas ?, Markhal dut bien se dire que ce n’était pas une déficience physique. Il avait cette façon étrange de balancer le pied, comme un pas de danse, puis de seulement recommencer à marcher normalement jusqu’à ce qu’il refasse ce mouvement burlesque. Heureusement, ou malheureusement vu que sa comédie amusait plutôt le roi, les gardes arrivèrent vite à l’endroit prévu, à une distance plus ou moins raisonnable du prisonnier, entraînant par la même occasion lafin de la danse du drôle. Un garde se tourna vers Markhal et lui adressa quelques paroles qui firent apparaître un sourire sur les lèvres du roi. Un sourire assez large pour que le garde se rende compte qu’il était tout sauf amical.

"J'espère que tu te sens d'humeur bavarde, monsieur vient de loin pour t'écouter. Alors sois un gentil garçon et réponds à ses questions."
« Ah bon, il vient de loin… » lâcha pensivement le prisonnier. Vu la teinte que prit la peau du garde, il sut qu’il venait de commettre une grosse bêtise. Finalement, il avait été un vilain garçon, le méchant garde. Markhal ne manquerait pas de le dire au professeur Leonis…

Pour qu’on lui accorde une entrevue avec lui, l’homme devait avoir des relations avec l’Empereur lui-même ou quelqu’un d’assez riche pour soudoyer les quelques dizaines de garde qui se trouvaient entre ici et la sortie. Mais s’il venait de loin… Tant de possibilités venaient d’être entrouvertes… Il fut stoppé dans ses pensées quand un bruit de verre déposé sur la table l’appela. Ses yeux suivaient les gestes du visiteur qui éparpillaient sur la petite table un carnet, une plume et un encrier… C’était une nouvelle forme de torture ? On déposait devant Markhal tous les objets qu’il désirait avoir et on regardait combien de temps il allait tenir ?! Pas sûr qu’il réussisse à se retenir d’étriper l’homme… Il espérait que les gardes n’avaient pas parié sur un temps trop long.

Son cœur rata un battement, car l’instant d’après le visage de l’homme était quasiment contre le sien. Markhal aurait reculé de surprise s’il n’avait pas déjà été contre le mur. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas été pris de surprise. Il faisait bien trop attention pour cela. Les biens de l’homme qui était maintenant en face de lui avaient éteint un instant son instinct pour ne laisser que l’envie guider son esprit. On voyait bien là où ça l’avait mené. Soudain, l’homme s’adressa à lui, sur un ton détendu, comme s’il ne faisait que des remarques sans intérêt… Mais qui éveillèrent tout de même celui du souverain.

"Est-ce que tu aimes les livres ? Moi, j'adore ça. Et les poupées, aussi. Tu aimes ça toi ? Enfin, on doit pas t'en donner souvent ici."
« J’adore les livres aussi, mais je n’ai pas de poupées. Mais ne t’inquiète pas, les jouets, ce n’est pas ce qui manque dans les environs… » dit-il en lançant un regard lourd de sous-entendu aux gardes qui les observaient.

Aussi soudainement qu’il s’était approché, il s’éloigna pour aller vers les chevaliers et les congédier d’un geste. Abasourdi, tout autant que les autres personnes dans la pièce, Markhal cacha son rire derrière l’une de ses mains, histoire de garder sa réputation de monstre sans cœur. Il ne pouvait pas voir le visage de son visiteur, mais les paroles qu’il joignit à ses gestes, faillirent réduire à néant toutes les histoires qu’on racontait sur le métis, sans oublier les regards que se jetèrent ensuite les gardiens. À mourir de rire. Markhal tourna sa tête vers le mur, pour dissimuler maintenant la lueur amusée qu’il avait dans les yeux et qu’il n’arrivait pas à durcir.

Finalement, même après que l’un des hommes ait insisté, le personnage persista à les faire quitter la pièce. Après tout, même si Markhal arrivait à assassiner le visiteur et à défoncer la porte, ils seraient trois à l’attendre derrière. Alors le seul qui risquait sa peau dans l’histoire, c’était lui, non ? Ils durent avoir le même raisonnement que le métis, car après un moment ils s’éloignèrent. Ils rirent, venant certainement de prendre les paris sur la durée probable de survie de l’excentrique dans les alentours du prisonnier et quelqu’un avait dû surestimer la durée. Peut-être avait-il osé dire que dix minutes seraient nécessaires au bâtard pour l’achever. Et effectivement, vu la différence de physique entre Markhal et l’homme, il y avait matière à rire. Et pourtant… Markhal ne se sentait pas encore l’envie d’assassiner le visiteur. Peut-être était-ce justement cet air décalé face au monde qu’il affichait qui donnait envie au roi de s’intéresser de plus près du personnage… À moins que ce soit la raison de sa visite ou la soi-disant contrée lointaine d’où il venait…

"Enfin tranquilles. Le répète pas l'ami, mais j'aime pas les mecs en armure. Pas du tout. Du tout. Du tout du tout."
« Moi non plus. Je préfère le cuir. » murmura distraitement le roi.
"Tu sais, ça va à l'encontre de toute notion esthétique. Une petite tunique juste assez longue et bien moulante associée à des bas résilles, là ca met bien l'être masculin en valeur. Brrr, j'en frrrrissonne. Donc. Faudrait qu'on s'y mette nous, sinon on aura jamais fini."

D’a-ccord. On pouvait dire qu’il était tombé sur un phénomène. Un homosexuel, si on écoutait ses désirs sur l’habillement masculin. Après tout qui mettrait des bas résilles ? Et une tunique moulante ? Tout en étant un homme, bien évidemment. Sur une femme, nul doute que le semi-humain aurait approuvé les dires de son visiteur. Décidément, Markhal avait vraiment affaire à des cas ces jours-ci. Mais ce n’était pas pour lui déplaire. Surtout que celui-ci avait le don de l’amuser, d’égayer un peu les murs sombres de sa prison. Maintenant, ce qui intéressait le traître, c’était de savoir pourquoi il était là. D’ailleurs, depuis un moment, son interlocuteur ne le regardait pas, toujours tourné en direction de la porte par laquelle avaient disparu les gardes avant d’avaler bruyamment de la salive.

L’instant suivant, il avait les yeux fixés dans ceux de Markhal qui lui rendit son regard impavide et impassible. L’excentrique retourna s’asseoir et posa la main sur sa plume. La brandit. Finalement la remit à sa place sur la table. Markhal le regardait faire, suivant son manège des yeux, mi-amusé, mi-moqueur, toujours assis sur le sol de sa pièce à promenade, un genou plié avec son coude dessus, l’autre tendu parce qu’il y avait un bleu qui l’y faisait souffrir, bleu qu’il massait discrètement de son autre main au petit doigt récemment remis. L’homme sembla enfin prendre une décision, car il reprit à nouveau parole, et cette fois-ci pour se présenter.

"Mais d'abord, faut qu'on fasse connaissance. Je m'appelle Stephen Flyingtree. Tu aimes ? J'ai choisi mon nom moi-même tu sais. Moi j'aime beaucoup. Un peu comme les papillons, mais ça n'a aucun rapport."
« Aucun effectivement… » fit Markhal un peu sèchement. Quand il se rendit compte de sa rigueur, il se calma un peu et poursuivit. « Tu ne devrais pas demander aux autres si ton nom leur plaît. Si tu l’aimes, c’est le principal. Mais si tu y tiens… Disons qu’il est… spécial. » *Tout comme son propriétaire...*

Il avait essayé de se montrer désagréable, mais cela ne lui semblait pas possible pour l’instant. Toute son agressivité avait été vidée par le semi-rire qui lui avait échappé tout à l’heure devant le spectacle qu’offrait… Stephen, c’est ça ? Il sentait déjà que ça allait être une looongue conversation. Markhal n’était pas sûr de survivre aux lubies d’un excentrique. Il avait déjà assez de mal à survivre aux siennes… Markhal s’empêcha de poser la main sur son visage, de peur d’éveiller certaines blessures et se concentra plutôt sur l’homme qui venait « de loin ».

« Je m’appelle Markhal. Moi je n’ai pas choisi. Ma mère s’appelait Maraa, mon père Shirkhal. La coutume dans la famille de ma mère voulait qu’on contracte les deux pour le donner à son enfant. »

Pourquoi il lui racontait ça ? Aucune idée. Peut-être que les divagations du bonhomme l’avait contaminé. Ou peut-être parce que le roi avait l’impression que Stephen s’y intéressait autant qu’à sa dernière chemise. Le métis haussa les épaules, puis gratta les écailles sur sa nuque d’un air un peu gêné. Il sentit alors un courant d’air frais parvenir depuis la fenêtre sur son visage. Si frais, qu’il frissonna, et se rappela que sa dernière chemise, il ne l’avait plus et qu’à ce rythme il attraperait quelque chose à cause du froid. Ou de l’humidité. Peu probable, Markhal avait toujours eu une santé de fer, depuis qu’il était tout petit. Jamais tombé malade, même si son physique malingre criait la malnutrition et le manque total d’exercices.

« Autre question ? » demanda Markhal d’un air sarcastique.

S’il était là, mais que le traître ne parvenait pas à être violent ou agressif avec lui, autant de le faire partir le plus vite possible. Mais vu le flot ininterrompu de paroles dont était capable de faire preuve ce type, ça allait sûrement être encore plus long que ce qu’il avait prévu. Cette pensée ne manqua pas de le faire grincer des dents. Allez, plus vite que ça ! Il ne tenait pas à ce que ses deux heures de promenades si rares soient gâchées par un stupide entretien !

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MessageSujet: Re: Une Bonne Histoire À Raconter [Ptit Steph']   Mar 7 Sep - 19:28

Une lueur nouvelle fit son apparition dans les yeux de l'archiviste shtarbé. Il se releva, déposa ses mains sur le bord de la table et se pencha vers son interlocuteur. Euphorique, il ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Il sautilla presque sur place, fit le tour de la table, se mit accroupit à la hauteur du roi déchu et, sans même un instant d'hésitation déclara :
"Tu aimes les livres ? Les livres.... Les livres, oh, les livres. On va être copain, si tu les aimes."

Il se redressa, fit quelques pas en arrières, puis baissa lentement sa tête vers le sol, perdant lentement son sourire à chaque centimètre vers le bas qu'il faisait faire à son regard. Une fois qu'il eut une vue directe sur ses chaussures, il se mit à trembloter, à avoir de nombreux tics dans le visage, et à respirer bruyamment. Il se calma petit à petit et se remit à parler.
"Peut-être que j'aurais pu faire pareil avec mon nom... Mais j'ai pas connu ma maman. A l'orphelinat, on m'a dit que je l'ai tuée. Et personne voulait parler à un assassin, tu comprends."
Sans prévenir, il se redressa, étira sa bouche en une vraie banane souriante au milieu de sa figure, puis conclut d'une façon assez simple et joyeuse :
"Donc les livres sont devenus mes copains. Et la reproduction des singes m'a toujours fascinée. Chez certaines espèces le sexe est un moyen de calmer les tensions. Ils se sodomisent en moyenne toutes les neuf minutes. Mais ca n'a aucun rapport.Ce n'est même pas un moyen de reproduction, en fait."

Il sentit soudain à son tour le froid venant de l'ouverture. Il frissonna -de froid cette fois-ci, puis se frotta les mains. Il détailla enfin la pièce dans laquelle ils se trouvaient. Pas étonnant qu'il avait du faire amener sa propre table lui-même. Le mobilier était vraiment réduit. En fait tout avait l'air triste et morne. Une ambiance glauque et morbide. Alors c'était comme ça une vraie prison... Jusque là, l'image qu'il s'était fait des prisons à travers ce qu'il en avait lu était assez proche de sa salle des archives, mais en moins grand. mais c'était encore plus laid. Et il y avait pas de livres. Quelle horreur. Et pas de boite. Ni de poupée à y ranger.
"Je sais pas comment tu fais pour vivre ici, moi je crois que je survivrais pas plus d'un jour. Ca manque de tout. Moi j'ai une grande salle remplie de livres, avec des boites et des livres dedans. Mais parfois on vient me déranger. Et on dérange mes livres aussi. Enfin, parfois, celles qui viennent restent plus longtemps qu'elles ne le désiraient à la base. En fait, parfois elles ne partent...."

Il fit rouler ses yeux, cligna des paupières, se mordit la lèvre au sang. Il s'était promis de plus en parler, il voulait plus d'ennuis comme la dernière fois. La dernière fois lui rappela le livre menteur, et son regard se durcit. Les livres ne doivent pas mentir. Jamais. Jamais. Non, JAMAIS. D'ailleurs, il était là pour écrire un livre qui ne mentait pas. Il fallait qu'il pose les conditions sans plus attendre, d'ailleurs. Il soupira, s'éclaircit la gorge, toussota, puis se remit à fixer Markhal dans les yeux.
"Mettons les choses au point. Les hommes peuvent mentir. Ca m'arrive. Mais un livre doit dire la vérité, rien que la vérité et ni plus ni moins. Donc tu vas pas exagérer les faits ou les diminuer. Tu vas dire ce que tu penses, pas un mot de plus ni un mot de moins, d'accord ? Si je compare avec d'autres témoignage et que je vois que t'as menti, détruirai ton témoignage et tu n'en feras pas partie. C'est compris, monsieur Markhal ?"

Il sourit, s'assit, et ouvrit le carnet. Il déposa ses coudes sur la table, joignit ses mains à la hauteur de son nez et déclara :
"Nous pouvons commencer."
...Mais rien ne se produisit. Il attendit quelques instant, patient, puis cligna sept fois très vite de l'oeil gauche. Frappant son poing sur la table avec force, il constata :
"Ok. Ils ne t'ont rien dit. Je me disais aussi. A force de porter leur casque, ils doivent surchauffer et perdre des neurones. C'est très important un neurone tu sais ? Enfin, d'après ce scientifique qui a dit dans un article que... Enfin, je m'égare. Donc."
Refermant son carnet, il expliqua enfin la raison de sa venue :
"Je suis ici. Je suis ici pour une raison. Une raison... Une raison très simple. une raison très simple que je vais te dire. Je dois rédiger -Mais ca ne m'enchante pas, je dois rédiger, donc, un livre. Un livre basé sur les témoignages de diverses personnes relatant la grande bataille du Dragon blabla bla, perdue par Markhal -donc toi si tu as suivi. Donc j'espère que tu en as de bon souvenirs. C'est tout."

Trempant sa plume dans l'encre, il ré-ouvrit son carnet et se mit en position.
"Vas-y."
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Markhal
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MessageSujet: Re: Une Bonne Histoire À Raconter [Ptit Steph']   Jeu 9 Sep - 21:36

La réaction de son invité l’aurait fait tomber sur le cul s’il ne s’était déjà pas trouvé à terre. Vous avez déjà vu un épileptique faire une crise ? En tout cas c’était le cas de Markhal. Et il avait réellement l’impression que Stephen allait s’effondrer d’un moment à l’autre pour se mettre à trembler et à avoir la bave aux lèvres. Sauf que l’homme ne se laissait pas tomber. Au contraire il était des plus conscients, en bonne santé… ce qui était justement le plus préoccupant. Faisant des petits sauts comme un cabri, de pure excitation, pour finir par quasiment enjamber la table pour se planter devant le roi… Il y avait de quoi s’inquiéter pour lui. Pas seulement pour son esprit, qui avait l’air un peu dérangé, mais surtout pour sa survie ses prochaines minutes… Markhal avait peut-être la fibre patiente pour le moment, mais sa patience, épuisé par cinq ans de captivité, avait des limites de plus en plus minces…
"Tu aimes les livres ? Les livres.... Les livres, oh, les livres. On va être copain, si tu les aimes."
*J’ai toujours rêvé d’avoir un « copain » complètement fou…*

Mais l’instant suivant, il avait troqué son expression excitée pour une plus sombre. Plus il reculait, plus son visage se baissait, plus son visage empruntait un air triste, voire dépressif. Son cas sembla empirer quand son regard atteignit ses chaussures. Ensuite, ce fut comme s’il avait une crise d’angoisse, la respiration sifflante et le visage attaqué par des grimaces nerveuses, sûrement involontaires. Un instant, Markhal fut tenté de lancer une remarque désobligeante ou juste de se moquer, mais quelque chose le retint. Ce n’était sûrement pas sa conscience, vu qu’il en était quasiment dépourvu, même totalement, mais plutôt son instinct. Il était excellent pour juger les gens et leurs réactions. Mais en compagnie de cet homme, ses sens étaient trompeurs. Markhal sentait que son interlocuteur était imprévisible. Et que s'il le provoquait en retour, il risquait de mettre un terme à l’entretien, à ses heures de promenade... et à l'existence de ce pauvre fou.
"Peut-être que j'aurais pu faire pareil avec mon nom... Mais j'ai pas connu ma maman. A l'orphelinat, on m'a dit que je l'ai tuée. Et personne voulait parler à un assassin, tu comprends."
« Je comprends. »

Étrange comme ce gamin – oui, pour Markhal ce type n’était encore qu’un gamin – le faisait penser à lui-même. Extrêmement désagréable. Surtout quand on voyait l’excentrique que Stephen était. Heureusement que Markhal avait réussi à canaliser toute sa folie. Imaginez un seul instant qu’il commence à se comporter comme son visiteur… Oui, je sais, ça donnerait des cauchemars. Lui aussi avait eu sa mère assassiné par sa faute. Quelque part, Markhal avait l’impression qu’elle connaissait sa destinée à partir du moment où elle l’avait amené au Palais. Quand elle avait regardé son fils pour la dernière fois, il avait lu dans ses yeux qu’ils ne se reverraient jamais. Seulement, encore naïf à l’époque, il n’avait pas pu imaginer que ce « jamais » serait rendu définitif par sa mort. Au fond de lui, il s’était toujours promis de la retrouver un jour. Jusqu’à ce qu’on lui annonce sa mort. Dix ans plus tard. Son père ne l’avait même pas regardé quand il avait fait irruption dans son bureau et exigé d’aller à la cérémonie de sa consomption dans le Puits de Lave. Il avait juste dit d’un ton méprisant qu’il ne servait à rien d’aller voir le corps de la succube. Rien qu’à la façon de parler d’elle, Markhal sut que c’était l’empereur qui avait signé son arrêt de mort. Il était sorti avec Aram et avait disparu pendant deux jours. Personne n’a jamais su ce qui s’était passé durant ces deux jours. Markhal n’en a jamais parlé à personne. Il passa les deux semaines suivantes dans le silence, à nettoyer les écuries pour punition de sa désertion. C’était comme s’il avait assassiné sa mère. Il pouvait comprendre ce que disait Stephen, et cela l’effraya sur le coup.

Surprise. Encore. Passer de l’état dépressif à cette hilarité était traumatisant. Enfin, pour le roi. Lui qui cachait ses émotions pour faire de son impassibilité une force, une carapace pour garder ses pensées pour lui, voir ce mec jongler avec ses sentiments comme dans un jeu était vraiment difficile à supporter. Le dingue recommença à parler, délirant sur le sexe chez les singes et les vertus de la sodomie… Le roi se contenta de garder un air stoïque, même si l’effarement et l’agacement entamaient peu à peu ses lignes de défense. Penser arbre… Regarder l’herbe qui dépassait de la fenêtre… Voilà qui devait l’aider à recouvrer ses esprits et à faire face.
"Je sais pas comment tu fais pour vivre ici, moi je crois que je survivrais pas plus d'un jour. Ca manque de tout. Moi j'ai une grande salle remplie de livres, avec des boites et des livres dedans. Mais parfois on vient me déranger. Et on dérange mes livres aussi. Enfin, parfois, celles qui viennent restent plus longtemps qu'elles ne le désiraient à la base. En fait, parfois elles ne partent...."
« Moi non plus je ne sais pas comment je fais… » dit-il avec une ironie piquante. Lui aussi on le dérangeait un peu trop à son goût, songeait-il en dardant son regard vairon sur l’élément perturbateur du moment. Malheureusement il était possible que Stephen n’était pas assez subtil pour saisir ses sarcasmes…

Ptit Steph’ montra des signes de frustration. Souvenirs douloureux ? Probablement vu la détermination muette qui couvait dans ses yeux cyans. L’instant suivant, il replanta son regard dans celui de Markhal. L’inconscient. Il ne savait vraiment pas ce qu’il risquait. L’attitude condescendante qu’il avait commençait tout doucement à taper sur le système du prisonnier. Et ce n’était pas parce qu’il était en permission qu’il ferait plus attention… Simplement, il essaierait de le tuer en silence. Ainsi, il pourrait tout de même profiter du temps qui lui resterait.
"Mettons les choses au point. Les hommes peuvent mentir. Ca m'arrive. Mais un livre doit dire la vérité, rien que la vérité et ni plus ni moins. Donc tu vas pas exagérer les faits ou les diminuer. Tu vas dire ce que tu penses, pas un mot de plus ni un mot de moins, d'accord ? Si je compare avec d'autres témoignage et que je vois que t'as menti, détruirai ton témoignage et tu n'en feras pas partie. C'est compris, monsieur Markhal ?"
*Mon… témoignage ? « Monsieur Markhal » ?*

D’habitude on l’appelait tout simplement Markhal… Les marques de respect avait tendance à disparaître une fois descendu en dessous du niveau du sol. Néanmoins, pour ne pas se mettre ptit Steph’ à dos, et parce que son air indigné l’amusait, Markhal acquiesça silencieusement, un sourire rôdant discrètement sur ses lèvres. Peut-être répondit-il à son sourire, ou peut-être était-il juste satisfait d’avoir mis les choses au clair, toujours est-il que ptit Steph’ sourit et s’installa à sa table, prêt à travailler… Un air professoral sur le visage, il déclara l’ouverture des hostilités puis attendit. Encore. Mais il attendait quoi ? Le silence s’éternisait alors que Markhal attendait également. D’habitude ses visiteurs lui posaient une question, le provoquaient, bref, faisaient quelque chose sur quoi il pouvait réagir ! Mais rester là, à cligner de l’œil comme un attardé mental ne l’aiderait pas à trouver de réponses !
"Ok. Ils ne t'ont rien dit. Je me disais aussi. A force de porter leur casque, ils doivent surchauffer et perdre des neurones. C'est très important un neurone tu sais ? Enfin, d'après ce scientifique qui a dit dans un article que... Enfin, je m'égare. Donc."

Effectivement certains gardes de sa prison étaient des crétins. Heureusement qu’il y en avait d’autres pour remonter le niveau. Mais il était tout à fait possible que le fait qu’il ne soit pas du tout au courant de la raison de cet entretien n’était pas dû au fait qu’ils manquent de neurones, mais juste à de la simple malveillance. C’était mesquin et stupide. Markhal était pour la première partie, mais une telle médiocrité n’était pas pardonnable. Quitte à être mauvais avec les gens, que ce soit au moins d’une façon intelligente… Soupirant pour marquer son ennui, Markhal appuya son coude sur son genou et prit sa tête dans sa main. Le résultat fut une fulgurante douleur au niveau des pommettes qui fut diablement vite maîtrisé, même s’il ne put retenir une petite grimace de douleur. Il tourna son regard vers l’herbe, n’écoutant ptit Steph’ que d’une oreille…
"Je suis ici. Je suis ici pour une raison. Une raison... Une raison très simple. Une raison très simple que je vais te dire. Je dois rédiger -Mais ca ne m'enchante pas, je dois rédiger, donc, un livre. Un livre basé sur les témoignages de diverses personnes relatant la grande bataille du Dragon blabla bla, perdue par Markhal -donc toi si tu as suivi. Donc j'espère que tu en as de bons souvenirs. C'est tout." Markhal le fixa intensément dès que le mot « Dragon » fut cité, comme s’il n’en croyait pas ses oreilles. Stephen poursuit cependant, imperturbable : "Vas-y."

Le traître éclata de rire. Mais qu’est-ce qu’il croyait ? Qu’après cinq ans à moisir ici il allait gentiment raconter tous ses petits secrets au premier débile venu ?Et puis c’était quoi cette formulation vexante ?! « Perdue par Markhal » ? Il le savait bien, pas besoin de le lui dire ainsi… L’hilarité de Markhal disparut soudainement, en même temps il se leva et fit les trois pas qui le séparaient de la petite table de son nouveau « copain ». De la même manière que s’était approché brutalement Stephen tout à l’heure, Markhal approcha son visage du visiteur pour l’étudier avec soin, une note critique dans le regard, ses deux mains posées à plat sur la table. Il l’évaluait, sans savoir expliquer pourquoi.
« La « Grande » bataille du Dragon… Savoir que je l’ai perdue ne suffit pas comme témoignage ? De toute façon personne dans Krynn ne lirait quelque chose où j’aurai eu droit à la parole. Ils auraient trop peur de savoir des choses qu’ils ne veulent pas savoir… »

Sa voix s’était fait murmure, il jouait de ses yeux et déposait ses paroles tantôt dans le creux de l’oreille de Steph’, puis tout près de ses lèvres. On ne savait dire s’il était de bonne ou de mauvaise humeur, mais tout son être transpirait le danger. La Bataille du Dragon éveillait des souvenirs douloureux. Souvenirs qu’il entreprit d’écarter de sa tête avant qu’ils ne l’emportent trop loin pour qu’il puisse se reprendre. Pour cette tâche, il se concentra sur la sensation du bois qu’il avait sous la main. Tout à fait différente que ce qui lui servait de lit, c’était une simple table en frêne, mais c’était cette simplicité toute sobre qui lui donna envie de pleurer… À moins que ce ne fut quelque mémoire lointaine qui remontait…
« Quand voudrais-tu que je commence mon histoire, mon petit Stephen ? Le matin de la Bataille ? Ou peut-être quelques jours auparavant, quand j’ai torturé l’espion de la reine qui m’a révélé les mouvements de ses troupes ? Ou encore avant quand j’ai fondé mon Royaume et mon armée ? Ou au moment où j’ai scellé le Pacte avec le dernier dragon qui me fit courir à ma perte ce jour-là ? Dis-moi, Stephen… QUAND ? »

Sa voix avait graduellement augmenté de volume et de brutalité. Il ne le faisait pas pour être effrayant. C’était juste son agressivité naturelle qui ressortait à chaque fois que ce sujet sensible était évoqué. Il n’y avait qu’avec très peu de personnes qu’il arrivait à se contenir, et ce n’était pas avec Stephen qu’il allait faire un effort. Malgré tout, il eut un sourire de dérision pour son copain fou et se releva. Il passa la main dans ses cheveux et soupira profondément. Reportant à nouveau son regard vers la fenêtre, il s’adressa à Stephen sans le regarder :
« Je ne sais pas qui d’autre tu vas aller voir, mon petit Stephen… Mais sache une chose : ce sont les vainqueurs qui écrivent l’Histoire. Quoique je dise, pour eux, mon témoignage sera toujours un mensonge. Es-tu prêt à l’entendre malgré tout ? »

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Stephen Flyingtree
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MessageSujet: Re: Une Bonne Histoire À Raconter [Ptit Steph']   Jeu 16 Sep - 17:22

Sephen encaissa les cris de son interlocuteur sans broncher. Les réactions exagérées, après tout, c'était quelque chose qu'il connaissait vachement bien. Il attendit quelques instants, laissant le temps au roi déchu de se calmer. Il prit une longue inspiration, soupira, gémit légèrement, et regarda Markhal avec un air profondément ennuyé sur le visage.
"A croire que je parle pour les murs."

Il se laissa aller au fond de sa chaise, dans une position de lassitude avancée, un peu comme celle que prendrait un peu studieux élève après quatre heure d'affilée de physique avancée avec le même professeur déblatérant des formules impossiblement compliquées et sans intérêt. Enfin, Stephen n'avait jamais été à l' "école". La vieille qui leur donnait des "cours" à l'orphelinat se contentait de leur donner de vieux manuels scolaires datant de l'ouverture de l'établissement et de les laisser se débrouiller avec. Quelque part ca arrangeait bien Stephen... Une fois qu'il avait fini de lire le manuel en entier (ce qui lui prenait généralement très peuy de temps étant donné sa vitesse de lecture et son intelligence), il pouvait s'attaquer à de vrais bouquins, dérobés à la bibliothèque et traitant de choses bien plus compliquées et intéressantes, dans tous les domaines existants. Géographie, sciences, histoires, théologie...
Dans cette lasse position, donc, il commença :
"Donc. Progressons par étapes."

S'éclaircissant la gorge et se remémorant le moindre des mots prononcés par Markhal, il commença a lui répondre, point par point.
"On ne lit pas un livre parce qu'on y est forcé. On le lit si on a envie de se cultiver. Par conséquent, les crétins désirant rester ignares ne le liront pas. Ceux qui seront intéressé par le sujet, et quelle que soit la source de l'information, le liront. Si ils sont freinés ou stoppé juste parce qu'un être abjecte et violent a participé à sa création, ... C'est qu'ils sont particulièrement cons. Désolé du mot un peu vulgaire, c'est comme ca."

Il sauta ensuite presque de sa chaise pour se trouver debout, et écarquilla les yeux au point que ses pupilles se dilatèrent presque.
"Ensuite, Monsieur ! MOI j'écris le livre, alors MOI je choisis les sources. C'est le plus grand loisir d'un artiste écrivain tel que mon sublimissime moi-même."

Reprenant une attitude plus habituelle, il fixa son attention sur les doigts de sa main droite dont il fit travailler les articulations et reprit :
"J'ai dis que je voulais parler de la bataille du dragon. Moi je donne le thème et toi les infos. Tu as donc la louuuuuuuuuurde tâche de choisir le moment qui commence la partie qui m'intéresse. Est-ce si difficile ?"

Il se rassit, déglutit. Sa respiration s'accéléra, soudainement. Il eut l'impression désagréable que quelqu'un jouait du tambour juste à côté de ses oreilles, à un rythme rapide. Il eut l'impression que sa vue devenait floue. Il trembla, un peu. Soupçonnant quelque chose, il sortit d'une de ses poches une montre-gousset. Déjà ?... Le temps était presque écoulé. Non pas le temps de la discussion, non. Mais le temps avant que le manque ne commence à se faire sentir. Il savait bien qu'il avait prit la précédente dose beaucoup trop tôt, mais c'était tellement tentant... Enfin, il le regrettait aussi fort qu'il était possible de le regretter à présent. Car avec tous les contrôles qu'on avait effectué sur lui pour qu'il rentre ici, il n'avait pas eu l'occasion de prendre de quoi se soulager avec lui. Enfin, par acquis de conscience, il se mit à fouiller le fond de ses poches, et, pour se donner une contenance devant Markhal, il continua de parler :
"...Donc euhm, oui, non... Je n'ai... Pas encore décidé de qui d'autre serait dans... Oh bordel. Dans le livre. Je... Dois y réfléchir. De toutes façons... Ah, là non plus, merde. De toutes façons, tu ne lira sans doute jamais le final, vu que tu risques de moisir ici assez longtemps. Là non plus ? Raaah... Enfin, je dis ca sans vouloir te blesser, évidement. En théorie, les prisonniers condamnés à vie ne s'en vont jamais. Donc j'applique la... Ah, peut-être ? Ah non, c'est vide. Donc j'applique la théorie, oui."

Il sourit en montrant toutes ses dents et fixa la tête de son interlocuteur.
"Donc oui, je suis prêt. Prêt à t'écouter, et à noter. Donc je t'en prie, fais vite... Oh oui, fais viiiiite... Plus vite."

Il était sur le point d'abandonner la recherche vaine de drogue dans ses poches lorsqu'il sentit, dans la poche intérieur de son manteau, un petit tube de verre. Une seringue. Restait à savoir si elle était vide ou pleine. Pourvu que ca ne soit pas une trop forte dose non plus... Il fallait qu'il reste capable d'écrire. Mais il faudrait qu'il fasse ça discrètement. Et vite. Plus vite. Il déposa donc ses deux mains sur la table, à nouveau paré pour rédiger. Avec une idée fixe. Vite en finir. Et guetter la moindre inattention du gars en face de lui pour se piquer. Et mettre fin à ses souffrances. Et goûter... A la liberté. La vraie, la seule, l'unique.
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MessageSujet: Re: Une Bonne Histoire À Raconter [Ptit Steph']   Mer 15 Déc - 22:47

Là, Stephen se transforma en super-sayan et détruisit le monde en mangeant son sandwich aux fruits rouges.


Désolé du troll, mais ca me gonfle de devoir abandonner ainsi un perso qui me motivait bien, je suis un peu deg'.

Si tu postes un jour, Markhal, tu peux bien sur delete ceci, mais je doute fort que tu le fasses... Dommage. Juste dommage.
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